Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Ateliers d'Argenteuil

Articles avec #evenements tag

Atelier partagé, Makerspace pour vous !

5 Juin 2020 , Rédigé par Woody Publié dans #Evénements, #Prestations - Ateliers

Le Makerspace : l’atelier partagé des Ateliers d’Argenteuil

 

Le Makerspace  est situé dans un entrepôt de 530m2 à Argenteuil, hub culturel, artisanal et artistique du Grand Paris.

Espace de résidences et de créations pluridisciplinaires, il met à disposition des espaces de travail ouverts et partagés, des machines, outils intuitifs, mécaniques en rapport avec l’architecture, la sculpture, l'urbanisme, le design, les arts plastiques, le design social, le spectacle vivant, l'écriture, et l’écologie au sens large.

 

Le projet du Makerspace  est de favoriser la création, partager des talents et favoriser l'interdisciplinarité.

Notre Makerspace accueille des créatifs, bricoleurs de tous horizons, organise des résidences hors les murs, expositions collectives, des workshops internationaux

Il  a pour mission l’innovation culturelle, par le faire, mettant en connexion des réseaux d’artistes, de créatifs et d’artisans, d’ingénieurs et chercheurs d’aujourd’hui ainsi que des associations, des startups, des entrepreneurs, et des collectivités. Les résidences proposées ont lieu au sein de l’atelier parisien ainsi qu’hors les murs, en régions comme à l’international.

 

L’environnement

Le Makerspace s'articule entre différents ateliers individuels permettant l'expérimentation, la rencontre des projets, le shooting photo, la projection vidéo, le spectacle vivant, la création sur métal, les arts plastiques  ainsi que la préparation d'expositions collectives. L'atelier propose un panel d'outils mutualisés au service des projets individuels ou partagés.

Les ateliers individuels

Une dizaine de postes de travail ouverts et partagés, équipés et pensés pour nos artistes et créateurs.

-  Un atelier d’arts plastiques : peinture, sculpture, artisanat, relooking mobilier et objets de décoration, modelage, moulage, mosaïque…

- Une salle de répétitions, écriture, réunions, projection.

- Une cuisine équipée.

- Un atelier de travail du métal : soudure à l’arc électrique sur acier, brasure au chalumeau sur cuivre, laiton, bronze, acier, brasure au fer à souder sur zinc, découpe plasma, pliage, perçage, découpe du métal.

- Des espaces de travail en extérieurs, cour, terrasse, solarium.

- Accès handicapés.

- Parkings visiteurs.

 

Tarifs

 

Les tarifs sont TTC, par personne

- Accès à l’atelier : 10 euros/heure.

- Accompagnement, aide et conseil : 10 euros /heure.

- Accès aux consommables de l’atelier sous conditions.

- Accès aux machines et outillages spéciaux sous conditions de validation d’acquis.

- Privatisation de l’atelier pour des évènements : sur devis.

 

OPEN HOUSE / JOURNÉES PORTE OUVERTE

Chaque année, Le Makerspace ouvre ses portes fin mai et fin octobre pour présenter aux plus curieux le travail de ses résidents ainsi que la restitution des résidences hors-les-murs. Les évènements sont organisés  en collaboration avec la Mairie d’Argenteuil pour le « Mai des Artistes » et les Mairies de Asnières-sur-Seine, Bois Colombes, Clichy, Colombes et Gennevilliers pour les PODADA. Pendant quatre jours, l'atelier invite les sens et les ambitions de chaque créatif via la rencontre et la participation, pour façonner une ambition commune, celle de générer toujours un catalyseur de techniques et de projets futurs.

Ateliers partagés, makerspace Paris, Ile de France
Ateliers partagés, makerspace Paris, Ile de France
Ateliers partagés, makerspace Paris, Ile de France
Ateliers partagés, makerspace Paris, Ile de France

Ateliers partagés, makerspace Paris, Ile de France

 

Ateliers partagés, makerspace, co working, Paris, Ile de France, Argenteuil, Ateliers partagés, makerspace, co working, Paris, Ile de France, Argenteuil, Ateliers partagés, makerspace, co working, Paris, Ile de France, Argenteuil, Ateliers partagés, makerspace, co working, Paris, Ile de France, Argenteuil

At

Voir les commentaires

Remise de diplôme

3 Juin 2020 , Rédigé par Woody Publié dans #Evénements

Remise de diplôme.

Bravo à Adrien pour son investissement dans sa formation de Game Master et sa Murder Party !

Formation Game master avec 1D20
Formation Game master avec 1D20
Formation Game master avec 1D20
Formation Game master avec 1D20
Formation Game master avec 1D20
Formation Game master avec 1D20
Formation Game master avec 1D20

Formation Game master avec 1D20

Ecole de Jeux de Rôles Grandeur Nature,école de théâtre,formation Jeux de Rôles formation GN Murder Party création de murder party troupe de jeu de rôles costume maquillage spectacle soirée crime soirée enquête  cluedo cluedo géant  Ecole de Jeux de Rôles Grandeur Nature école de théâtre formation Jeux de Rôles formation GN Murder Party création de murder party troupe de jeu de rôles costume escape game maquillage spectacle soirée crime, soirée enquête, cluedo cluedo géant Ecole de Jeux de Rôles Grandeur Nature école de théâtre formation Jeux de Rôle formation GN Murder Party création de murder party,troupe de jeu de rôles costume  maquillage spectacle soirée crime soirée enquête, cluedo, escape game Ecole de Jeux de Rôles Grandeur Nature école de théâtre formation Jeux de Rôles formation GN Murder Party création de murder party troupe de jeu de rôles costume, maquillage spectacle soirée crime soirée enquête cluedo escape game jeu d’évasion live escape game art atelier artiste lieu espace loft centre de formation organisme de formation artistique stage initiation soudage soudure métal ferronnerie sculpture sur métal mobilier métal mobilier indus récup bio art récupération art brut recyclage patine métal porte table chaise fauteuil meuble console tabouret bar verrière escalier insolite délire cadeau formation création vitrail verre sculpture argile terre soudure à l'arc vitrail lampe stage de vitrail stage de soudure à l'arc formation métal CPF CIF DIF organisme de formation arts plastiques art thérapie art thérapeutique scrapbooking mosaïque paris ile de France île de France argenteuil 95 animation soirée soirée enquête murder party séminaire entreprise CE cluedo performance rozand elphege acuti woody,1D20 association RPG jeu de rôles jeux grandeur nature écriture atelier d'écriture enseignement stage formation centre de formation organisme de formation art artiste figuratif défiguratif radio M6 TF1 arte FR3 France 2, comédienne comédien rôliste cours cinéma film télé  sous le porche cherche animation séminaire les ateliers d'argenteuil relooking animation clef en main spectacle stage clef en main doctorat gatelet, émission congé individuel à la formation ANFH droit individuel à la formation fongécif AFDAS auteur roman nouvelle scénario scénarii scénariste œuvre œuvre d'art escape game jeu d’évasion exposition mobilier métal mobilier indus création idée cadeau insolite idée cadeau original offrir matériaux terre particulier cours particulier moulage plâtre, peinture acrylique huile pastel encre vintage incentive  team building incentive team building animation soirée séminaire murder party RPG  formation soudure paris formation soudure formation soudure île de France stage soudure stage soudure paris stage soudure île de France soirée enquête soirée crime soirée meurtre restaurant événementiel diner spectacle 1D20 la première école de jeux de rôles grandeur nature location espace costumes maquillage costumier maquilleur FX art dramatique masque école de cinéma écoule de costume école de spectacle spectacle ludique et interactif troupe 1D20 escape game jeu d’évasion incentive team building organisme de formation datadock data dock stage formation OPCA Agephos gamemaster formation game master

Centre de formation organisme de formation

Voir les commentaires

Voir autrement durant le confinement … La Mue et Confiné

10 Avril 2020 , Rédigé par Woody Publié dans #Evénements, #ACUTI - Sculpteur, #ACUTI - Auteur

Voir autrement durant le confinement …

Je vous propose, non pas une photo, mais un texte en attendant de découvrir mon œuvre de visu.

A la manière des critiques d’Art du XIX siècle dans la presse en direction des personnes qui ne pouvaient se déplacer pour une exposition.

En partage.

 

1 - Entre peinture et sculpture. ACUTI " La mue " 2020.

 

C’est une grande toile de 196 cm sur 130 cm, au format portait (Vertical), travaillée avec du relief dans des tons clairs : blanc,  crème, gris clair, grumeleux par endroits, un fond certes, mais un fond qui n’est pas neutre, qui n’est pas lisse, qui met en valeur le sujet : la mue.

Accroché en haut de la toile, un portemanteau dont le crochet est en métal et le support en bois. (Il n’y a jamais de plastique dans l’œuvre d’ACUTI). Repose sur ce dernier, qui pend jusqu’en bas, une masse " informe ", la mue, l’enveloppe externe d’un être, la peau d’un homme, la peau de l’artiste ? C’est mou, c’est souple, avec force plis et reliefs, c’est doux. Du latex coloré, teinté dans la masse. Un camaïeu de roses orangés, qui fait écho à une autre œuvre, " Détail " qui représente la surface de la peau et une cicatrice en fil de fer barbelé, un gros plan, un détail ?

ACUTI ne cherche pas le réalisme, mais davantage l’expression, ici celle de la transformation : Son sujet de toujours, la Défiguration, ce mouvement artistique qu’elle a nommé, qui oscille entre Figuration et Abstraction. Nous sommes dans l’entredeux.

 

La mue semble tomber négligemment, mais rien n’est négligé dans le travail d’ACUTI …  Si l’on s’approche ou si l’on retourne la toile, outre la signature de l’artiste, on découvre du fil de nylon quasi invisible, qui fixe le mouvement de la masse de latex. La peau est un organe, et le plus étendu et le plus lourd du corps chez l’être humain : chez l'adulte, environ 2 m2 pour 3 kg chez la femme et 5 kg chez l'homme.

L’artiste l’a positionnée de manière à ce qu’elle soit plus large en haut. Évoquant le triangle que constituent le buste et les jambes.

 

Certains n’y comprendront rien, d’autres y seront sensibles.

 

2 - L’œuvre au noir ou les secrets d’atelier.

 

"Dans les traités d’alchimie, l’œuvre au noir désigne la dissolution du plomb, première des trois phases nécessaires à sa transformation en or. " 

 

Je descends dans mon atelier avec une certaine excitation. J’aime cette sensation. En quête. Sans doute mue par une idée informe. Une pré-idée ? Quelque chose d’innommable, mais qui me met en mouvement. Une énergie qui accélère les pulsations de mon cœur. Pour ne pas perdre cette sensation, j’actionne le lecteur CD. La musique pulse et l’accompagne, la prolonge, en phase et crée ce cocon, cet isolement nécessaire à la concentration.

 

Debout sur mon tapis, les mains sur les hanches, je parcours du regard mon atelier, mon antre. S’y trouvent toutes sortes d’objets entreposés qui attendent. Ils ne sont pas là par hasard. Ils m’ont interpelé une première fois. J’ai décidé de les garder. Dans l’attente. Certains, parfois, m’interpellent au-delà du temps passé. Pourquoi ? L’étrangeté des rencontres… ou l’énigme du cours des pensées… Cette masse de latex, là, sous mes yeux depuis des années, soudain m’attire. D’où provient-elle ? J’ai le vague souvenir d’une expérience abandonnée, reléguée, mais pas détruite, ni mise au rebus.

 

C’est assez lourd, souple, coloré. J’aime son odeur, sa douceur. Je la pose au sol en vrac. Rien. Je l’étends. A ce moment, il se passe quelque chose. Le dialogue s’instaure. J’ai le souvenir de cette exposition anatomique "Our Body, à corps ouvert" qui avait défrayé la chronique en 2009, et qui fut censurée. J’y avais découvert, entre autre, une peau humaine étalée, (comme celle des vaches parfois dans les salons …) et j’avais été étonnée par ses dimensions. C’est immense. Nous ne percevons toujours que la moitié…

 

Posée au sol, je sais qu’il manque quelque chose. Car il ne s’agit pas simplement d’exposer, mais de révéler.

 

Des doutes, toujours m’assaillent, quant à mon travail. De son utilité dans la société. Pour ma part, elle fait sens, elle est nécessaire, mais pour les autres ??? Pour information, cette œuvre a été créée juste avant le confinement.

Je devine deux directions dans mon travail. Des œuvres qui font écho à des problématiques humanistes, d’autres qui sont purement biographiques. Celle-ci en sera une.

 

Evoluer, avancer, se transformer,…  muer. C’est mon état d’esprit du moment. C’est cette volonté qui soudain va prendre forme. Changer de peau, comme on abandonne son manteau de pluie pour la chaleur d’un été.

Le portemanteau qui lui aussi attendait dans mon atelier, le seul d’ailleurs, vient servir de support à la masse de latex. Tendu à bout de bras, ce qui est au-delà, derrière, interfère. Il lui faut donc un fond. Je m’empare d’une toile graffitée (un cadeau de Joe il y a quelques années. Encore merci Joe.). Je dispose les différents éléments. C’est ça ! La mue. Le titre comme une évidence. Tout s’assemble, s’imbrique parfaitement.

Il va sans dire que le portemanteau est un élément woodyesque, comprenne qui pourra … C’est la réunion de deux entités, jamais complètement scindées, mais pour la première fois réunies ici visiblement.

 

  La toile ne peut rester en l’état, elle est l’œuvre d’un autre. Je la recouvre rapidement de gesso. A plat. Je laisse cependant au dos, la signature de l’ancien créateur. Trace d’un souvenir. Peur de l’oubli. Rappel d’une histoire.

 

Attendre que cela sèche est une épreuve. Attendre est une épreuve. Mais je sais que cela est important, pas uniquement techniquement. Je patiente. Cette parenthèse permet de prendre du recul, de la distance.

  

L’aspect lisse ne me convient pas. Je suis sculpteur … Me manque de la matière. J’ajoute un ciment. Au départ, avec le motif d’un squelette qui ne survivra pas. Trop figuratif. Il disparait au second passage. Le gris du ciment est trop prégnant. Le fond doit mettre en valeur la mue, un camaïeu clair s’impose. Or je n’ai pas de quoi. Et dans ces moments là, l’urgence, la fébrilité, l’excitation pure n’envisagent pas la possibilité d’aller acheter quoi que ce soit qui pourrait manquer, si tant est qu’elle existe... Le système D, toujours. Je fouille dans le matériel d’un peintre qui partage un espace (Merci à BB pour sa bombe de peinture blanc cassé !). Je bombe la surface de manière irrégulière. Attendre que cela sèche. Rééquilibrer.

 

J’accroche le portemanteau à la toile. La masse de latex trouée vient s’ajouter, qui pend. Seulement, elle ne tombe pas comme je le souhaite. Des clous de tapissier lui donnent le mouvement escompté. Cependant, eux non plus ne résisteront pas à un second regard. Ils modifient le sens de l’œuvre. Si je clous la mue, elle n’est plus abandonnée sur un portemanteau, elle est cloué à une toile tel un papillon crucifié. La signification n’est pas la même. J’envisage la mue comme une action positive. Crucifier la beauté du monde … ou encore un fils …

Le mouvement que je souhaite donner à la mue doit être invisible pour donner l’effet qu’elle se déploie naturellement. Les clous sont ôtés. Du fil de nylon fera l’affaire. Inséré dans les trous préétablis par les clous, il joue son rôle discrètement.

 

Partir, s’éloigner, revenir. Digérer. Poser un regard neuf, critique. Etre satisfait.

 

Je signe.

 

  PS : En écrivant ce texte, alors que je croyais mon œuvre achevée, il se peut qu’un détail y soit ajouté. Le fait d’évoquer son travail à la troisième personne, de l’envisager au travers de l’écriture, de l’analyser autrement à sans doute contribué à l’ajout d’un détail. Mais peut être que cet ajout ne survivra pas.

A vous de le découvrir lorsque vous viendrez à son exposition.

 

Voir autrement durant le confinement …

Je vous propose, non pas une photo, mais un texte en attendant de découvrir mon œuvre de visu.

A la manière des critiques d’Art du XIX siècle dans la presse en direction des personnes qui ne pouvaient se déplacer lors d’une exposition.

En partage.

 

1 - Sculpture. ACUTI " Confiné " 2020.

 

Sur un support métallique vitré de 170cm derrière une vitre sale repose une tête difforme, bosselée dans des tons gris clairs ponctués de reliefs de matière plus foncés. Violacés. Mats, alors que le reste est satiné. Les yeux, les narines, la bouche et les conduits auditifs sont scellés par des agrafes en acier. Ces organes sont teintés de rose, sans doute pour évoquer la chair blessée. Le métal, chez ACUTI, symbolise toujours la souffrance (Ce qui donne à réfléchir pour ceux qui connaitraient l’artiste …).

La vision générale de l’œuvre inspire quelque chose de doux, de la compassion peut être, certainement liée au choix des couleurs et des formes. Tout est rond, clair à l’exception des agrafes discrètes, mais une fois repérées, bien visibles ! C’est dans ce second temps que le malaise s’installe.

Le confinement n’est pas uniquement lié à la présence de la vitre, mais bien à ces agrafes qui obturent, ligaturent, nient les sens. Un emprisonnement qui ne dit pas son nom. Une négation de la liberté d’expression et des sensations. Une épreuve, une torture. Une torture qui  aussi déforme.

A sa droite, sur le support où repose la tête, un masque avachi, par endroits moisi. L’évocation d’un manque, voir d’une absence qui a sans doute conduit, entre autres manquements, au confinement de presque 3 milliards de personnes dans le monde ! Le symbole de l’abandon de l’hôpital public en France depuis plusieurs années pour des raisons économiques.

Nombres d’œuvres d’ ACUTI sont ancrées dans des problématiques sociétales contemporaines à l’artiste et tentent souvent de faire acte de mémoire.

L’enfermement est une thématique souvent dénoncée. Un sujet qui gratte.

 

Certains apprécieront, d’autres moins.

 

2 - L’œuvre au noir ou les secrets d’atelier.

 

" Dans les traités d’alchimie, l’œuvre au noir désigne la dissolution du plomb, première des trois phases nécessaires à sa transformation en or. " 

 

En tant que sculpteur, je travaille souvent sur la sellette … Est-ce ce siège de bois sur lequel on faisait asseoir l'accusé au tribunal pour lui faire subir un dernier interrogatoire avant l'application de la peine, ou ce matériel de sculpture rotatif, qui permet de travailler en hauteur. Sans doute les deux …

 

 Je m’enfonce dans mon antre. Mon refuge. En ces jours de confinement, c’est faire la nique aux dispositions gouvernementales, tout en respectant le travail de ceux qui sauvent des vies. Pas besoin d’autorisation. C’est un espace sans mur, sans fin. Un espace de création, infini. Un espace de liberté illimité. La jouissance n’est jamais loin !

 

 Le sujet, cette fois-ci, s’est imposé comme une évidence. Là, c’est l’éponge qui vous écrit … C’est inédit, ce qui nous arrive. Et les conséquences heureuses et malheureuses seront nombreuses. C’est la première fois de ma vie que l’autorité m’empêche. Qu’importe la raison. Il s’agit de réfléchir à cette privation de liberté. Elle repose sur la peur. Celle de l’Autre. Le fond d’un discours terroriste : Sécurité versus liberté.

 

Debout sur mon tapis, dans une bulle de musique toujours choisie, Les Young gods en l’occurrence, j’arrache de la terre à un pain de 10 kg. C’est doux, chaud, humide. Souple. J’entoure une balle dégonflée posée sur la sellette de bandes d’argile. Elle me sert de support pour limiter l’usage de la terre. Je souhaite réaliser une tête qui ne soit pas trop lourde et économiser de la matière (On ne sait jamais …). D’où ce choix de ne pas travailler dans la masse. J’ai quelques doutes. Une fois achevée l’esquisse d’une tête, je récupère la balle (On ne sait pas …) et pour cela je découpe avec un couteau la tête en deux parties, avant et arrière. Sans son support, elle s’écroule… Mais si j’attends que l’argile sèche, je ne pourrais plus récupérer la balle … Le dilemme (canin ?) ne dure pas. Il faut un support qui pourra être ôté sans avoir à découper en deux la tête qui alors se fragilise. L’urgence, l’excitation toujours, me font tendre le bras vers un vase de 30 cm de hauteur. Je suis toujours joyeusement étonnée de trouver ce dont j’ai besoin dans l’instant ! Sans doute faut-il être bien entouré…

 

Je recommence en utilisant les deux parties qui se sont arrachées en s’écroulant. Je solidifie les éléments, j’ôte le vase dont la circonférence est plus petite que la base de mon cou, à la différence de la balle. Ça résiste. Pas longtemps. J’ajoute de la matière à l’intérieur pour m’assurer d’une certaine épaisseur, et donc d’une certaine solidité. Ça tient.

 

Façonner un visage est toujours une rencontre. Il apparait, disparait sous la pression de mes doigts, des ajouts, je le cherche. Il s’ébauche. Je n’en ai pas une idée prédéfinie. Rares sont les croquis qui précèdent mon travail. C’est comme un coup de foudre. Je le reconnais, c’est lui que j’attendais. Je souris et si je suis silencieuse dans mon travail, je lui dis bonjour. Oui. Je suis polie. Et toujours émerveillée. C’est lui ! Il est à lui seul, tout les confinés de la Terre contre leur volonté. Bosselé, compacté. Empêché. Et il n’aura pas d’oreilles. Un choix pour le déshumaniser ? Ou accentuer le manque, la torture ? A moins que les pavillons soient en berne … Ils indiquent dans ce cas, un deuil national ou une tragédie … Un visage animal, ou celui d’un nouveau né. Attendrissant. Animal, parce qu’à cette heure, il s’agit de survivre. Se sustenter, dormir. Nouveau né parce que la situation est inédite, et qu’elle nous permet de découvrir ce et ceux dont nous dépendons.

 

L’argile est toujours souple. Je récupère une série d’agrafes que je détache une à une, non sans difficulté. Il y a souvent un moment de lutte dans mon travail. Je me pique. Je me griffe. Je me bats.

Je les enfonce pour clore les yeux, la bouche, les narines, les conduits auditifs, nier ce qui fait sens. Evoquer le confinement qui nous interdit. Et si cette tête n’a pas de corps, c’est qu’il a disparu. Plus de bras pour embrasser. Plus de jambes pour galoper. Quant au buste sans ceux là, il est inutile.

 

   Et à nouveau patienter. La terre doit sécher. Je reviens dans l’atelier régulièrement pour m’informer de l’état du séchage. C’est l’occasion de prendre de la distance et peut être d’appuyer ici ou là pour accentuer un creux, l’expression. C’est un dialogue. Je me sens moins seule.

 

   J’ai rangé mes étagères. Celle des pigments. Je sais qu’il me manque du blanc et peut être parce qu’il est question de manque … Je racle le fond, ce sera suffisant. Je choisi comme liant la cire. Pour son odeur ? Pas question de peindre, mais plutôt de ponctuer l’argile gris clair, brute pour l’éclairer. Séchage, cirage, lustrage. J’ajoute de la poudre de nacre par endroit. Pour doubler les effets. Mat, satiné. Un violet assez sombre posé en amas, pour quels effets de matière. Le lisse ne peut convenir. Et s’impose le rose, dilué, au niveau des orifices agrafés. Pour signifier la blessure. Avec un minuscule pinceau. Mais malgré cela, j’en dépose sur les agrafes. Alors une à une, elles sont grattées avec une aiguille. Se sont les seuls éléments brillants pour qu’ils soient visibles, malgré leur petite taille. Virulents.

 

 Je demande à S.Rozand de réaliser une structure d’environ 170 cm. Ma taille. D’après un croquis. Mes œuvres n’ont en général pas de socle et sont à même le sol, à même la terre. Mais pour découvrir celle-ci, il faudrait s’allonger. J’aime quand on s’agenouille devant mon travail, mais de là à s’allonger … A moins que je n’ai quelques égards pour mon public qui comme moi, vieillit ? Non, aucun, je ne suis pas si polie… Bien entendu, il y a une vitre. Celle derrière laquelle chacun est confiné. Ce ne sont pas des barreaux puisque le confinement ne dit pas son nom et qu’il est question de transparence dans les discours du gouvernement. Je la salis. Il me semble qu’ils n’ont pas été honnêtes …

Derrière la fenêtre, une petite étagère sur laquelle repose donc la tête et … un masque. Le symbole de l’ineptie de ces temps singuliers. Du manque, de l’absence. Il ne sert à rien. Il est périmé, moisi, n’a plus ses élastiques et les oreilles étant inexistantes … Pas facile d’évoquer l’absence par la présence. Un défi.

Je l’ai réalisé en moulant en plâtre un véritable masque périmé, puis quelque peu retravaillé. Pour tout dire, je m’y suis reprise à deux fois. Ne pas confondre modelage et moulage. Le plâtre est fragile, il ne pardonne pas. L’argile est plus conciliante. J’y ajoute des touches de pigments de deux verts différents en observant les dégâts de la moisissure sur du tissu pour plus de réalisme.

  

Je signe.

 

Mon sentiment à ce stade ? Désœuvrée. Cela prend tout son sens, non ?

 

  PS : A vous de découvrir cette sculpture lorsque vous viendrez à son exposition.

L’exercice d’écriture est intéressant à plus d’un titre. Motivée sans doute par vos retours, rares, mais puissants. Ah, ce besoin de reconnaissance ! Et aussi par cette interrogation : quid de l’image mentale issue d’une description écrite face à l’œuvre de visu ? J’ai hâte d’exposer mes sculptures à vos regards pénétrants !

Voir les commentaires
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>