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Mercredi 18 avril 2007

ACUTI

Auteur

Acuti écrit depuis toujours, voici une liste exhaustive de ses écrits, si vous voulez les lire, n'hésitez pas à la contacter ...

Manifeste

"La défiguration ou le monstre dans l'Art"

Introduction.

Motivation et Situation Historique.

            « -Plus la caste est basse, dit Mr Foster, moins on donne d’oxygène. Le premier organe affecté, c’est le cerveau. Ensuite le squelette. A soixante-dix pour cent d’oxygène normal, on obtient des nains. A moins de soixante-dix pour cent, des monstres sans yeux.

- Lesquels ne sont absolument d’aucune utilité, dit Mr Foster pour conclure. » [1]

            Si notre curiosité est suscitée par le terme de monstre, et plus encore par son image, c'est qu'au plus profond de l'âme humaine, de façon unique et multiple paradoxalement, l'essentiel est touché, le primordial piqué au vif.

Attraction et répulsion sont nécessaires à l'existence de l'Homme et ces deux mouvements sont immanquablement provoqués par la rencontre avec un monstre ou son image...


[1]Aldous HUXLEY, "Le meilleur des mondes.", page 33.

 

 

Mémoires

 

"Miroir brisé d'une société : l'image du monstre"

"Monographie de Roland Cat"

 

 

Romans

 

"Tordue"

Il penchait.

Indéniablement, il penchait.

Sur le côté gauche.

Un léger déhanchement.

Elle le regardait en souriant. Fière.

Celui-là était à elle.

C’est elle qui l’avait fait.

Il était signé. Il avait la marque de fabrique.

Elle se leva du banc, un sourire sur les lèvres. Les premiers rayons du soleil du printemps jouaient avec les feuillages. Entre ombres et lumières. Les enfants piaillaient comme les oiseaux pour fêter son retour. Enfin, tous sauf lui, car il souffrait. De ne pas suivre, d’être différent, mis à l’écart.

Bien sûr, il ne la reconnut pas. Elle fit grincer la grille du parc sur ses gonds, crisser les gravillons sous ses pieds. Pour le plaisir. Rien que pour le plaisir. Et quitta le parc en y jetant le papier gras de son sandwich. Impossible de se rappeler son nom...

 

 

"Une maman pas comme les autres"

MA MAMAN

 Sur le fil. Sur la corde, Au bord du gouffre. Du vide le plus peuplé du monde : la folie, une petite fille se penche dangereusement. Sur la pointe des pieds, l’abîme l’attire comme un aimant. Prisonnière d’un corps de femme, elle ne s’en sort pas. Elle rie au pire. Elle pleure comme il pleut et des images l’assaillent, victime d’un vent violent. Elle souffre. La femme veut des enfants.

 Je m’appelle Cheyenne. J’ai trente six ans. Je suis sculpteur et dans mes mains, de l’argile grise que je pétri doucement comme on aimerait le faire avec sa vie, au fil du temps.
Je m’appelle Cheyenne. J’ai toutes mes dents, enfin pour l’instant… Un ventre vide, trop acide. Un ventre inhabité, qui se creuse au fil du temps...

 Nouvelles

"Soûlvenirs" (primée)

Un gros rond rouge, barré d’un large trait blanc. Voilà, ça c’est un terdit !

J’ai pas toute ma tête, mais j’ai compris le sens. On m’a bien expliqué. Quand j’en vois un, faut pas toujours aller plus loin, c’est pareil que des fenses d’entrer. Mais c’est compliqué, c’est pas pareil pour tous les gens.

Aaah, les terdits et les fenses, y’en a plein partout dans la maison blanche. Y’en a un juste avant le bureau de Madame Patillon, celle qui m’a accueillit, qui dit oui ou qui dit non, qui inscrit le nombre exact des petits bonbons à avaler matin, midi et soir sur une feuille plastifiée accrochée au pied de mon lit. Y’a un terdit sur la porte des cuisines. Y’a un terdit sur celle de la remise noire au fond du parc. Des fenses d’entrer sur le réduit où sont cachés les bonbons. Sortir la nuit, c’est aussi un terdit. Se gratter, c’est un terdit. Soulever les jupes, c’est un terdit. Lui, il a eu le droit, mais pas moi. Cracher, mordre, se débattre, vomir, crier, c’est un terdit. Se toucher, c’est un terdit. Lui, il a eu le droit, mais pas moi. Des fenses de pénétrer. Y’en a qui ont le droit, mais pas moi !   

A quatre mains, pseudo Joewood, polars

 

"Dave Ze Devil"

            “ Pauvre naze !  T’as vu ta gueule ! ...”

Le goût. Amer. La revanche. Un truc qui stagne. Temps de se venger. Facile. Suffisait de faire gaffe. Observer. Longtemps. Elles, qui répétaient chaque jour les mêmes gestes. Le même itinéraire. Comme des putains d’horloges. Des putains d’automates. Et toi, tu les observes. Sa spécialité. Son point fort. Car il avait une botte secrète, imparable, infaillible. Il savait se rendre invisible. Parole, invisible, ouais !...

Sa gueule de mec comme les autres, tout aussi ringard qu’eux. Ses fringues de supermarché. Passe-partout. Son van acheté à crédit. Facile. Susciter juste l’indifférence. Être comme eux, pareil qu’eux. Le parfait prédateur, qui sait se fondre dans son milieu.

Dave s’allongea sur le lit défait, déboutonna son pantalon puis sortit son sexe en grimaçant. Tu te rappelles, toutes ces chiennasses qui mourraient d’envie de te la sucer. C’est ce qu’elles veulent toutes. Elles imploraient ta pitié. Le bout de chair ramolli durcissait déjà sous sa paume. Il commença à se branler. Et les visages surgirent. Comme à chaque fois. Les salopes de passage. Ta collection privée. Des visages de brunes, de blondes, celui d’une rousse, qui se déformaient littéralement sous la douleur. Frénétique. Les bouches se crevassant dans des abysses sombres, les yeux exorbités charriant des larmes particulièrement acides, ruinant le maquillage. La laideur. Aucune ne résistait à la souffrance. Avec toi, ces putes finissent toutes par se ressembler. Faut dire que tu sais y faire, maintenant. La laideur. Toutes ces salopes, devant la mort, uniformément laides.

            Le liquide chaud le surprit en un léger hoquet. Il ferma les paupières quelques secondes, renifla ses doigts pleins de sperme, puis s’essuya furtivement sur les draps froissés...  

"Elle"

            J’me suis reconnectée à la World. C’est comme ça qu’j’ai su comment trouver Dina. Bella travaille pour eux. Rien d’ officiel , évidemment. Elle me traque, la salope. Elle a choisit la génétique, comme l’autre. Dina, l’artiste, modelait la terre, un truc comme ça. Bella, elle s’en sort toujours bien.

«  - Annie, j’ te jure que c’est pas moi qui les ai poussées. »

«  - Mon dieu, Anna et Carla, noyées dans trente centimètres d’eau. Je te l’avais dit, Jean, que ça pouvait être dangereux pour des enfants… »

« Annie, c’est Elha, c’est pas moi, demande à Dina ! »

«  C’est l’autre dingue, j’en suis sûre, va falloir l’appeler, qu’elle la récupère, qu’elle l’enferme, c’est pas normal des mômes comme ça de toute façon. »

J’t’ai vu, Dina, t’es mauvaise à la base. C’est toi qu’aurait dû être dans la cage, mais toi, t’as rien de spécial. T’es qu’un clone à la con. Mais j’te les aurais bien r’filé, mes talents d’merde. Pour être comme tout le monde, comme les autres, normale. Une fille normale, fragile, mais avec des amis…

« - Ok, je t’ai injecté un virus, normalement, il est mortel…Fais de bons gros anticorps, Elha… Allez, active ton hypophyse... 44 seconde…, voilà, c’est bien t’es une championne. Alors combien d’objets représentés sur la photo, hein… »

«  - Maman, je suis fatiguée… »

«  - Tais-toi, c’est toi qui m’fatigues ! »

                                                                       *

            Qu’est-ce qui m’avait conduit à pousser la porte de ce café rue Oberkampf. Peut-être la chaleur de ce mois de juin qui rendait l’air parisien intenable, presque suffocant, un air que mes poumons avaient presque oublié. Et puis l’ennui, vieux compagnon de route. L’envie aussi d’être dans un lieu calfeutré. Encore maintenant je me le demande toujours...  

Textes

"L'Epouvantail" 

Paraît qu’chuis pas belle,

qu’j’ai les pieds tordus

avec des ch’veux qui s’emmèlent

et des yeux tout confus.

Paraît qu’j’ai une marraine

une fée qu’a une baguette

qu’dans son pays, c’est la reine

et quelle est honnête.

Alors, j’l’attend

depuis longtemps

et j’me rend compte

qu’c’est rien qu’des contes

pour enfants...  

 

"Secret Agent"

Au départ et pendant longtemps, on s’est douté de rien …

Une étudiante comme tant d’autres …

Et pourtant … des signes et pas qu’un peu m’ont ouverts les yeux, mais trop tard, ouais, beaucoup trop tard …

Elle aimait tellement les histoires, les romans.

Elle s’appelait, elle s’appelait … En fait, elle avait plein de noms, de nombreuses identités. Avec les cartes et tout.

Des adresses ?

Partout. Des pieds à terre qu’elle disait, des potes et des portes ouvertes pour crécher, pour installer son PC. Pour travailler, un atelier. Elle en a changé souvent. Elle s’en allait. Refilait ses plans. Virée ou de son plein gré, légère comme le vent...

 

"Dancing with the devil"

-         Avez-vous jamais dansé avec le Diable ?

Voilà comment, lorsqu’elle rencontrait un homme, elle l’abordait. Et de votre réponse dépendait la suite…

J’avais entendu parler d’elle sur mon chemin. Evidemment ma curiosité avait été attisée. Evidemment. Alors je décidais d’enquêter. Mais ce ne fût pas chose facile...

Contes

"Prague"

C’est en me perdant dans les ruelles de Prague et dans le temps que je les ai croisé, un matin.

Trois messieurs attablés derrière la vitrine embuée d’un café. Ils avaient tout trois une tasse de chocolat fumant devant eux, tentant de se réchauffer par cette froide journée d’hiver pourtant ensoleillée.

Une belle et drôle de journée.

J’avais erré sur le pavé depuis le levé du jour et fatigué, les os glacés, je cherchais refuge dans la chaleur enfumée d’un petit troquet.

Pourquoi celui-ci ?

Il est des hasards qui ne s’expliquent pas.

Ils étaient tout trois en grande discussion et je les écoutais, curieux, quelque peu interloqué par ce trio dépareillé.

Le premier, droit comme un i, répondait au nom de Monsieur le Compte. Dans sa redingote froissée, ...

 

"Tadidou"

A lire à qui vous voulez, la main ouverte devant vous.

 

Mon secret.

Bonsoir !

Elle s’appelle Tadidou, c’est drôle comme nom, je l’avoue, mais de sa voix cristalline, elle me l’a soufflé comme on confie un secret.

Beaucoup pourront croire que je suis fou, fou à lier.

Mais si vous faites un tout petit effort, vous verrez sa chevelure d’or.

Elle est timide, mais très curieuse.

La première fois que je l’ai rencontré, elle jouait avec les lacets de mes chaussures. Elle s’y était emmêlée, c’est stupide, car elle aurait pu s’étrangler.

Elle était furieuse et lorsqu’elle s’est retournée, elle m’a vu qui la dominait de toute ma hauteur, géant monstrueux, n’osant à peine en croire ses yeux, je vous l’assure.

Une de ses petites ailes était coincée, alors, délicatement, un sourire idiot sur les lèvres, je l’ai aidée, avec mes gros doigts maladroits.

Tout doucement, sans l’effrayer.

Une fois délivrée, elle s’est envolée et dans un son de clochettes affolées, elle s’est évaporée.

Seulement sur le sol, brillait comme une épine fluette.

J’aurais pu ne pas la voir, mais le soleil jouait avec le reflet de ce qui s’avéra être une flûte minuscule en opaline.

Avec ma loupe, je découvrais ce petit objet...  

 

Scénarii

 

de Murder Party

Jeux de Rôles Grandeur Nature

 

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par Woody publié dans : de l'Ambre ACUTI Auteur
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